Des mots d’hommage

 

Les pages sont encore blanches
Posées là sur le piano
Que faire d’autre en ce dimanche
Rendre un hommage aux héros
Qui ont retroussé leurs manches
Qui ont sué sang et eau
Leur offrir une revanche
Un hymne sur leurs tombeaux

Gare aux gorilles en ce monde
Qui fait place à l’idiotie
Où l’on chante loin des frondes
Où, regarde bien petit
L’on doit vendre chaque seconde
Car le temps c’est de l’argent
Entends-tu Léo qui gronde
Tout s’en va avec le temps

Tout s’en va même la pudeur
D’oser avoir du talent
De chanter avec ardeur
Où sont-ils donc maintenant
Edith garde sa candeur
Non, elle ne regrette rien
Comme Rodrigue avait du cœur
Milord avait du maintien

Ma plus belle histoire d’amour
C’est vous, clamait Barbara
Elle qui para les détours
Des barbares de l’audimat
Qui planent comme des vautours
Sur le Berger et ses bêtes
Qu’il repose en paix toujours
Diego, libre dans sa tête

Mais qu’est-ce qui pourrait sauver
L’amour, et surtout l’honneur
En mettant à la portée
De tous un peu de bonheur
Daniel voulait s’envoler
Par des mots tout en couleur
Le voilà exorcisé
De ces maux tout en douleur

Les vraies valeurs se perdent
Serge l’avait pourtant bien dit
Dites leur de dire merde
Aux dealers de pacotille
Qui nous fourguent sans danger
Des stars peu académiques
Des succès préfabriqués
Et de la honte en musique

Les pages ne sont plus blanches
Je referme mon piano
La nuit tombe sur ce dimanche
La lune brille sur ses héros
Qui peuvent rabattre leurs manches
Pour faire des rêves à vau-l’eau
Et en guise de revanche
Rire du fond de leurs tombeaux

Marc Dagher
(Dépôt SNAC décembre 2014)

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